Category Archives: journalism

Le retour d'”Hussein Obama”

Il est temps de reprendre ce blog trop longtemps délaissé faute de temps. La campagne présidentielle américaine est déjà bien lancée. Je l’ai couverte de l’Iowa à la Caroline du Sud, en passant par le New Hampshire, le New Jersey et New York. Prochaine étape: le Texas, mardi 4 mars. Pris par la gestion de mon  agence de presse the.point.is. ,  je ne vais pas avoir l’occasion d’adapter régulièrement mes billets en anglais (sorry guys). Pour ce retour, j’ai envie de parler de Barack Hussein Obama. Vous avez sûrement pu suivre la polémique provoquée par la réapparition de la photo du sénateur de l’Illinois portant un costume traditionnel africain et un turban. Ce cliché  pris il y a deux ans, lors d’un voyage de Bracak Obama au Kenya, au pays de son père, est potentiellement ennuyeux pour un politicien dont le deuxième prénom est Hussein et qui a dû rappeler à plusieurs reprises aux Américains qu’ils n’est pas musulman. Il y a beaucoup de confusion sur le sujet aux Etats-Unis. Au lendemain de la victoire d’Obama en Caroline du Sud fin janvier, je prenais mon petit-déjeuner dans un hôtel de Columbia, la cipatle de l’Etat, quand mon voisin de table  avait engagé la conversation avec la serveuse. Ce dernier qui affirmait être un supporter d’Obama, avait fait part de son scepticisme sur les chances d’Obama à cause de son deuxième prénom, Oussama (sic).  A sa décharge, s’appeler Hussein aux Etats-Unis est actuellement presque aussi lourd qu’Oussama. Trop d’images sont associées à ces prénoms dans un pays encore marqué par les attentats du 11 septembre 2001 et désabusé par la guerre en Irak. L’image perdure et est véhiculée par certains conservateurs. Aujourd’hui, un présentateur de talk-show qui devait introduire le candidat républicain présidentielle, John McCain, lors d’un meeting dans l’Ohio, a parlé à plusieurs reprises de “Barack Hussein Obama”. McCain s’est rapidement distancé des propos de son supporter et s’est excusé. Certains dans cette campagne ne peuvent s’empêcher de jouer avec le subconscient des Américains. Je doute que la stratégie marche, mais John Sidney McCain, Hillary Diane Clinton et Michael Dale Huckabee ont un avantage de taille face à Obama: un deuxième prénom qui ne rappelle pas un dictateur irakien exécuté. 

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Media circus for Mahmoud Ahmadinejad – Cirque médiatique pour Mahmoud Ahmadinejad

I sometimes feel uneasy about my job. That was the case yesterday at Columbia University, when I covered the speech held by Mahmoud Ahmadinejad. Hundreds of protesters – mostly from Jewish groups – showed up to criticize the Iranian president. They were very vocal and had a lot to say, which technically made my job as a reporter easy. The problem was that they had an agenda. It was hard to find somebody with an objective point of view in that circus. I was interviewed by a journalism student yesterday. She asked me what I thought about the coverage of the event. The answer was: media overkill. But looking back at all this, I am happy to have covered the speech because it was a challenge to my own objectivity. How was I going to check which quotes to use. Please check out my story on tpinews.com and let me know what you think.

J’ai parfois une drôle de sensation quand j’exerce mon métier de journaliste. C’était le cas hier quand j’ai couvert le discours de Mahmoud Ahmadinejad à l’Université de Columbia. Des centaines de manifestants – la plupart appartenant à des groupes de confession juive – se sont massés devant les grilles de la Haute Ecole pour protester de la présence du président iranien sur le campus. Ces gens avaient beaucoup de choses à dire et recherchaient l’attention des médias, ce qui, techniquement, aurait dû me faciliter la tâche. Le problème était qu’ils avaient un agenda et il était difficile de trouver des gens avec un avis objectif dans ce cirque. Une étudiante en journalisme m’a interviewé hier et ma demandé ce que je pensais de la couverture médiatique. Ma réponse: un trop plein. Mais avec du recul, je suis content d’avoir couvert l’événement. C’était un véritable challenge de choisir quelles citations utiliser et un test pour ma propre objectivité. Vous pouvez lire le résultat sur tpinews.com. Je suis curieux de savoir ce que vous en pensez.

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Back to Business with a twist- De retour aux affaires mais avec une pointe de différence

In the week since I have come back from Jamaica, a man’s life has been spared on death row in Texas (!), I have met with the Backstreet Boys, a republican Senator has had to resign for soliciting sex in an airport restroom, Barack Obama positioned himself as the man who could bring change to American politics (as opposed to Hillary Clinton’s experience) and George Bush went with his “A-team” to Iraq to look for some army cheers and some god news from the front line. The carefully staged and well balanced surprise visit (I was almost expecting the commander in chief in army fatigues, he chose black shirt instead) had one goal: buy him so more time. One should actually ask how much more time W can buy with speeches? Somebody should maybe remind him that Al Qaeda was not in Iraq when he decided to invade that country.

World news might be all about George Bush does or does not say (even if Nicolas Sarkozy is apparently trying to change that and to find a role for himself and for his wife on the world stage), but as I am listening to the coverage of election night in Jamaica on 106 Power FM tonight, I manage to forget W. My focus suddenly switched to Kingston. A welcome breathing space. This election night in Jamaica reminds me that I might be back to business but with a twist.

Depuis mon retour de Jamaïque il y a une semaine, un condamné à mort a vu sa peine être commué quelques heures avant son exécution, j’ai rencontré les Backstreet Boys, un sénateur républicain a dû démissionner après avoir avait fait des avances homosexuelles dans les toilettes d’un aéroport de Minneapolis, Barack Obama s’est positionné comme l’homme du changement (par opposition à l’expérience d’Hillary Clinton) et George Bush est allé cherché en Irak des vivats bienvenus pour lui et quelques bonnes nouvelles. Le but de cette visite surprise bien pensée (je m’attendais presque à voir George Bush en tenue de camouflage, il a préféré la sobriété d’une chemise sombre) était de gagner du temps. Combien de temps peut-il encore gagner en répétant les mêmes choses? C’est la question que lu-même doit se poser alors qu’il lui reste encore 16 mois de mandat. Peut-être quelqu’un devrait-il lui rappeler en attendant qu’Al-Qaïda n’était pas en Irak avant qu’il ne lance l’invasion de l’Irak.

Les cycles d’information internationaux tournent autour de ce que Bush dit ou ne dit pas (même si Nicolas Sarkozy est en train de tenter de se faire une place dans les gros titres), mais alors que je suis en train d’écouter la couverture des élections législatives en Jamaïque, j’oublie W. Le coeur de l’information s’est soudainement déplacé pour moi du côté de Kingston. Cette bouffée d’air bienvenue me rappelle soudain que ce n’est pas tout à fait une rentrée comme une autre.

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Boeing, the Dreamliner and the green plane – Boeing, le Dreamliner et l’avion vert

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One of my colleagues in Geneva made a good point this morning. Two days ago, we watched Live Earth, Al Gore’s mega concerts around the world. We listened to the bands and thought: what can we do for the earth. We all have our modest solutions to do our part. The next day, Boeing unveils the Dreamliner, an aircraft that is marketed as “green” and energy efficient. My colleague asked me why nobody said anything about it in the US because this plane will produce CO2 emissions. Or Is there such a thing as a “green” plane?

The Dreamliner is sold as being fuel efficient but as Dan Becker, the global warming program director reminded me in an interview for my story published in Tribune de Genève, 24heures and an on tpinews.com, “air travel is still the most polluting way to go from one place to the other”. Don’t get me wrong. I think Boeing really made great improvements with its Dreamliner but the fact that hardly anybody questioned the “green plane” is a story in itself. My colleague in Geneva was right. The point here is not to teach a lesson – none of us will stop flying – but to underscore how easy it is to market a product in the media. As Chris Miller, the global warming program director at Greenpeace, pointed out, “to call the Dreamliner a “green” plane is a bit of a stretch”. But he added that Boeing proved that energy efficiency can be good for the industry as well as for the environment. I do agree with that statement.

Un de mes collègues à Genève a soulevé une très bonne question ce matin. Il y a deux jours, nous avons été des millions à regarder à un moment ou à un autre Live Earth, les méga concerts organisés par l’ancien président Al Gore. Et nous avons réfléchi à ce que nous pouvions faire pour aider la terre. Hier, Boeing a dévoilé le 787 Dreamliner, son nouveau long-courier. L’avion est présenté comme “vert” et écologique. Mon collègue m’a demandé pourquoi personne aux Etats-Unis ne mentionnait que l’avion était gros et qu’il polluerait forcément. A moins que l’avion propre et vert existe vraiment…

Le Dreamliner est vendu comme un appareil consommant 20% de carburant de moins que d’autres jets de sa taille. Mais comme Dan Becker, responsable du programme sur le réchauffement climatique au Sierra Club, me l’a rappelé dans une interview pour mon article publié dans 24heures, la Tribune de Genève ainsi que sur tpinews.com, “les avions restent le moyen de transport qui pollue le plus”. Je ne suis pas en train de critiquer la démarche de Boeing. Bien au contraire, l’évolution dans l’industrie aéronautique est réjouissante. Mais le fait que personne ou presque n’a fait dans la nuance pour parler de cet avion “vert” est un sujet en soi. Mon collègue avait raison. Le but n’est pas de donner de leçons à qui ce soit – nous continuerons tous à prendre l’avion – mais de souligner à quel point il est facile de définir un produit dans les médias.

Chris Miller, directeur du programme sur le réchauffement climatique à Greenpeace, estime que définir le Dreamliner comme un “avion vert est un peu exagéré” mais il souligne que Boeing a prouvé que les efforts pour réduire la consommation d’énergie peuvent être aussi bons pour l’industrie que pour l’environnement. Je pense qu’il a raison.

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Tom Lantos, Gerhard Schröder, Jacques Chirac and the political prostitutes – Tom Lantos, Gerhard Schröder, Jacques Chirac et les prostituées politiques

Representative Tom Lantos, a Democrat from California, called yesterday Gerhard Schröder a “political prostitute” and  asked Jacques Chirac to go to “go down to the Normandy beaches” to understand America’s sacrfice for “the freedom of France”. Tom Lantos still has not digested the fact that both leaders opposed the Iraq war. Something in this speech sounds weird. It is as if we were back in 2003 when George Bush was about to launch the Iraq war and a lot of elected officials bashed France and Germany for opposing the war. Tom Lantos is entitled to his opinons. But one can’t be blamed for looking for the point of such comments. I remember the front page of the NewYork Post in 2003 showing rows of tombstones in a US cemetery in Normandy with the headline “Sacrifice” to blame France for not supporting the war. Old story like the term “political prostitute” itself. On the official website of the government of Philippines, there is a forum to try to answer that clever question: what constitutes a “political prostitute”? One might argue any elected official prone to extremism. Americans deserve better than old grudges.

Le Représentant Tom Lantos, un démocrate de Californie, a qualifié hier Gerhard Schröder de “prostituée politique” et a demandé à Jacques Chirac d’aller sur les plages de Normandie pour se rendre compte du sacrifice des Américains pour la “liberté de la France”. Tom Lantos n’a toujours pas digéré l’opposition de ces deux leaders à la guerre en Irak. Il a le droit d’avoir son opinion sur cette question, mais reste à savoir quel est le but de telles remarques? Je me rappelle la première page du New York Post en 2003 sur laquelle on voyait des rangées de tombes de soldats américains en Normandie. Le titre criait “Sacrifice” pour critiquer le refus de la France de soutenir la guerre en Irak. De la vieille histoire comme le terme de “prostituée politique”. Il y a un forum sur le site du gouvernement des Philippines intitulé: qu’est-ce qui définit une “prostituée politique”? L’une des réponses pourrait bien être: tout élu qui penche vers les extrêmes. Les Américains méritent mieux que de vieilles rancoeurs.

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The Kelly Clarkson dialogues – Les dialogues de Kelly Clarkson

Back from the West Coast after a funny week. After my initial disappointement in LA, the rest of the week turned out to be pretty interesting. In part thanks to one Texan girl: Kelly Clarkson. I interviewed her last Wednesday for 24heures and Tribune of Geneva as well as for my news agency the.point.is. You might recall my previous post about the price of news. Kelly Clarkson totally surprised me. She of course has an album to sell but acted during the interview as if she did not care. I expected to meet a star who sold million of records. For thirty minutes I spoke with a Texan girl, who says it the way it is. That changed the dynamics of the week and opened the door to other interesting stories about America: I then met with a boxing promoter in Long Beach, a young winemaker in Napa Valley, a professor who is launching a war on jerks and a woman who spends her days in 17 cemeteries of her town. Check out tpinews.com in the coming weeks for all these stories.

De retour après une semaine sur la Côte Ouest. Après mes désillusions initiales à Los Angeles, le reste de ma semaine s’est révélé intéressant. Je le dois en partie à une jeune Texane: Kelly Clarkson. Je l’ai interviewée la semaine dernière pour 24heures, la Tribune de Genève et the.point.is., mon agence de presse. Vous vous rappelez peut-être mon précédent billet sur le prix de l’information. Kelly Clarkson m’a supris. Elle doit bien sûr vendre son album. Je m’attendais en revanche à rencontrer une star qui a vendu des millions d’albums. J’ai en fait parlé pendant une demi-heure avec un Texane qui ne prend pas de pincettes. Elle a changé la dynamique de ma semaine et m’a ouvert d’autres horizons pour le reste de mon reportage au cours duquel j’ai rencontré un promoteur de boxe à Long Beach, un jeune vigneron dans Napa Valley, un professeur qui a déclaré la guerre aux connards et une dame qui passe sa vie dans les 17 cimetières de sa ville. Toutes ces histoires seront publiées dans les semaines qui viennent sur tpinews.com.

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LA and Larry David

I am in Los Angeles trying to cover a couple of stories and I am having a frustrating day so far. One important interview was cancelled in the last minute and despite my efforts to get an another appointment, I failed. Why am I writing that? To make underline the price of a lot of news in the modern media world. I went to countries in crisis (Burundi, Rwand, Middle East, Haiti, Venezuela), I met people living in poverty and in terrible situations. They shared their stories with me. They knew they had nothing to gain from that. Except maybe to help their country in a distant future by raising awareness about what they are going through. But their lives did not change after meeting me. They remained in their slums surrounded by violence, fear and death.

The people I was supposed to meet today, had nothing to gain either from meeting me. They are already doing well and do not need a Swiss journalist to talk about them. Suddenly you realize that some news have a price tag. It is a trade-off in the hi-tech world. If they see a benefit, they will give you the quote. These pople could learn a lot from listening to the voices who have nothing to gain. These voices allow the journalist to remain what he should be: a bridge, a way to raise awareness. And tonight, sitting in my hotel in LA, I think about these voices who brought me so much in the last nine years.

Anyway, as I switched on my computer, I just read some sad news. Larry David, the genious creator of Curb your enthousiasm, is splitting from his wife after 14 years of marriage. I had to be in LA to write about some entertainment news, hadn’t I?

Je suis à Los Angeles en train d’essayer de réaliser quelques reportages et passe une journée très frustrante. Une interview importante que je préparais depuis des jours, a brusquement été annulée hier soir. Malgré mes efforts pour tenter de trouver une solution avec l’assistante de la personne que je devais voir, je n’ai pas réussi à parvenir à mes fins. Ces choses-là arrivent dans la vie d’un journaliste. Mais pourquoi ai-je envie de l’écrire aujourd’hui? Pour souligner le prix de nombreuses informations. Pendant ma carrière, j’ai fait des reportages dans des pays en pleine crise (Burundi, Rwanda, Proche-Orient, Haiti, Venezuela) et j’ai rencontré des gens dans des situations terribles et dans le dénuement le plus total. Ces gens ont partagé leurs témoignages avec moi. Ils savaient qu’ils n’avaient rien à gagner en me parlant. Si ce n’est peut-être aider leur pays dans un lointain et incertain futur. Mais leurs vies n’ont pas changé après m’avoir rencontré. Je suis reparti et eux sont restés dans leurs bidonvilles, otages de la peur et de la violence.

Les gens que je devais rencontrer aujourd’hui n’avaient non plus rien à gagner en me parlant. Ils font une carrière remplie de succès et n’ont nullement besoin qu’un journaliste suisse parle d’eux. Ces gens-là vous rappellent soudain que des infos ont un prix. Si vous les aidez à vendre quelque chose, vous obtiendrez la citation que vous convoitez. Ces gens-là devraient à mon avis écouter les voix anonymes de ceux qui n’ont rien à gagner quand ils partagent un témoignage. Celles-ci permettent au journaliste de rester ce qu’il devrait toujours être: un pont qui les relie aux destinataires de l’information afin de les sensibiliser au monde qui les entoure. Ce soir, dans mon hôtel de Los Angeles, je pense à ces voix anonymes qui m’ont apporté tant de choses ces neuf dernières années.

Changeons de sujet. En allumant mon ordinateur aujourd’hui, je suis tombé sur une petite info : Larry David, le génial inventeur de la série Curb your Enthousiasm, se sépare de sa femme après 14 ans de mariage! Il falllait que je vienne à LA pour parler un peu de people, non?

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